Je vous attends samedi 29 novembre au Salon du livre de Loos, entre 10h et 18h30, salle Gaston Caby, 230 rue Descartes.
Publications, aventures éditoriales, rencontres, salons, lectures... états d'âme
mercredi 26 novembre 2014
mercredi 12 novembre 2014
Salon du livre de Lumbres, le 16 novembre
Je vous invite à venir me retrouver au Salon du livre de Lumbres (Pas-de-Calais) le dimanche 16 novembre, entre 10h et 18h. Une discussion passionnée autour d'une tasse de café ? Une ch'tite dédicace ? Je vous attends avec impatience...
Le programme complet est disponible sur le site de la ville de lumbres.
Le programme complet est disponible sur le site de la ville de lumbres.
mardi 28 octobre 2014
Interview
Le collectif littéraire Hénose, créé par Aaron McSley, lui-même jeune auteur de talent, m'a proposé de répondre à une interview au sujet de Nalki. J'ai bien sûr accepté, et même avec enthousiasme (étonnant, n'est-ce pas ?). Je savais qu'Aaron avait lu le roman, les questions risquaient donc d'être pertinentes...
Et pour les paresseux ceux qui n'ont pas le courage de cliquer sur le lien, voici un copié/collé :
"Pour notre toute première interview signée Hénose, nous nous sommes intéressés à une autrice lilloise en la personne d'Alice Adenot-Meyer. Et plus particulièrement, c'est autour de son roman nouvellement parus aux éditions du Lamantin que se sont tournées nos questions.
Transportés par les aventures de Nalki, nous voulions à tous prix la présence de cette écrivaine pour cette grande première.
Transportés par les aventures de Nalki, nous voulions à tous prix la présence de cette écrivaine pour cette grande première.
Musicienne de profession, la musique est tout logiquement la principale source d'inspiration d'Alice Adenot-Meyer, bien que forêt et montagne tiennent une place importante dans son imaginaire.
Alice a été récompensée en 2012 lors du salon de la Bassée du Prix Coup de Cœur Jeunesse.
Piège dans les Ruines, aux éditions Kirographaires, 2012
Nalki, Tome I : Matricule 307, aux éditions du Lamatin, 2014
Nalki, Tome II : Le Temps du Chaos, aux éditions du Lamantin, 2014Piège dans les Ruines, réédition, aux éditions Rebelle, 2016
Alice a été récompensée en 2012 lors du salon de la Bassée du Prix Coup de Cœur Jeunesse.
Piège dans les Ruines, aux éditions Kirographaires, 2012
Nalki, Tome I : Matricule 307, aux éditions du Lamatin, 2014
Nalki, Tome II : Le Temps du Chaos, aux éditions du Lamantin, 2014Piège dans les Ruines, réédition, aux éditions Rebelle, 2016
Alice,
Nalki est un roman en deux tomes suivant le parcours de deux jeunes
adolescents – frères et sœurs – déportés dans un camp de « redressement »
suite à des tensions communautaires, le tout se situant dans une
société dystopique proche de ce que notre propre Histoire peut nous
faire connaître. Comment t’est venue l’idée, l’envie, d’aborder des
thèmes aussi difficiles que ceux-là ?
Je m’intéresse depuis longtemps à la période de la seconde Guerre Mondiale et aux camps nazis. J’ai lu aussi beaucoup d’ouvrages sur le Goulag et l’univers concentrationnaire en général. Au 20ème siècle, l’homme a atteint des sommets en matière de barbarie organisée. Malheureusement, ce type de système oppressif existe toujours dans certains pays aux mains de régimes totalitaires, et il me semble que nulle part nous ne sommes à l’abri de telles dérives. Les sociétés se clivent, les personnes de cultures différentes ont tendance à se comprendre de moins en moins et les grandes puissances sont de plus en plus prédatrices. Je ne vois pas l’avenir avec beaucoup d’optimisme, et cela transparaît sans doute dans la vision du monde imaginaire que j’ai créé comme toile de fond pour Nalki. En même temps, il ne faut pas prendre la lutte entre la Serdane et la Forsénie trop au sérieux. On peut y voir aussi des régimes fantoches et un clin d’œil à Tintin, avec les rivalités entre Bordures et Syldaves... En fait, je voulais surtout mettre en place un contexte très tendu pour confronter mes héros à des situations extrêmes où pourraient se révéler leurs véritables personnalités.
Je m’intéresse depuis longtemps à la période de la seconde Guerre Mondiale et aux camps nazis. J’ai lu aussi beaucoup d’ouvrages sur le Goulag et l’univers concentrationnaire en général. Au 20ème siècle, l’homme a atteint des sommets en matière de barbarie organisée. Malheureusement, ce type de système oppressif existe toujours dans certains pays aux mains de régimes totalitaires, et il me semble que nulle part nous ne sommes à l’abri de telles dérives. Les sociétés se clivent, les personnes de cultures différentes ont tendance à se comprendre de moins en moins et les grandes puissances sont de plus en plus prédatrices. Je ne vois pas l’avenir avec beaucoup d’optimisme, et cela transparaît sans doute dans la vision du monde imaginaire que j’ai créé comme toile de fond pour Nalki. En même temps, il ne faut pas prendre la lutte entre la Serdane et la Forsénie trop au sérieux. On peut y voir aussi des régimes fantoches et un clin d’œil à Tintin, avec les rivalités entre Bordures et Syldaves... En fait, je voulais surtout mettre en place un contexte très tendu pour confronter mes héros à des situations extrêmes où pourraient se révéler leurs véritables personnalités.
«
Le personnage (du colonel) Vladàn constituait un des éléments les plus
importants/intéressants du roman, il n’était pas question de le modifier
ou de « lisser » sa personnalité. »
La
musique tient une place importante dans ton œuvre, ce qui contraste
totalement avec la dureté des camps. Cette dernière est d’ailleurs
apportée par le Colonel Vladàn (le directeur du camp où sont internés
notre héros et sa sœur), personnage que Nalki aura bien du mal à cerner.
Cette échappatoire, cette lueur d’espoir s’est-elle toute de suite
imposée lorsque tu as commencé à construire l’histoire ?
Oui, pour moi, la présence de l’orchestre était essentielle. Nalki et sa sœur vont trouver dans la musique une planche de salut. D’ailleurs, de tels cas ont existé dans les camps nazis, il existe plusieurs témoignages à ce sujet. Mais évidemment, ce qui fait la spécificité du roman, c’est cette relation compliquée, ambiguë qui s’établit entre Nalki et le colonel Vladàn. L’adolescent se sent manipulé à travers la mise en avant qui est faite par le colonel de son talent de musicien. Il va avoir le sentiment de trahir son camp en acceptant les conditions de Vladàn qui veut le contraindre à jouer en soliste. Ce dilemme est au cœur du roman (enfin, du premier tome surtout). D’autre part, l’intérêt excessif que lui porte Vladàn le met mal à l’aise. Il sent qu’il y a là plus, ou autre chose qu’un intérêt strictement musical, et il juge cela malsain. Donc, malgré le confort relatif qu’offre le statut de musicien au camp, Nalki va vouloir s’enfuir à tout prix.
Oui, pour moi, la présence de l’orchestre était essentielle. Nalki et sa sœur vont trouver dans la musique une planche de salut. D’ailleurs, de tels cas ont existé dans les camps nazis, il existe plusieurs témoignages à ce sujet. Mais évidemment, ce qui fait la spécificité du roman, c’est cette relation compliquée, ambiguë qui s’établit entre Nalki et le colonel Vladàn. L’adolescent se sent manipulé à travers la mise en avant qui est faite par le colonel de son talent de musicien. Il va avoir le sentiment de trahir son camp en acceptant les conditions de Vladàn qui veut le contraindre à jouer en soliste. Ce dilemme est au cœur du roman (enfin, du premier tome surtout). D’autre part, l’intérêt excessif que lui porte Vladàn le met mal à l’aise. Il sent qu’il y a là plus, ou autre chose qu’un intérêt strictement musical, et il juge cela malsain. Donc, malgré le confort relatif qu’offre le statut de musicien au camp, Nalki va vouloir s’enfuir à tout prix.
En
parlant de Vladàn, ce protagoniste reste tout de même assez particulier
pour un roman jeunesse. Ton éditeur t’a-t-il laissé carte blanche
concernant ce personnage et ses agissements ou bien des remaniements
ont-ils été entrepris ?
Oui, la maison d’édition m’a laissé une totale liberté et ne m’a pas « censurée ». À leurs yeux, le personnage de Vladàn constituait un des éléments les plus importants/intéressants du roman, il n’était pas question de le modifier ou de « lisser » sa personnalité. Les ados du comité de lecture n’avaient pas été spécialement choqués par son attitude, cela a confirmé l’équipe éditoriale dans son choix de conserver à ce personnage toute son… ambigüité, quitte à ce que certains aspects ne soient perçus/compris que par les lecteurs adultes.
Oui, la maison d’édition m’a laissé une totale liberté et ne m’a pas « censurée ». À leurs yeux, le personnage de Vladàn constituait un des éléments les plus importants/intéressants du roman, il n’était pas question de le modifier ou de « lisser » sa personnalité. Les ados du comité de lecture n’avaient pas été spécialement choqués par son attitude, cela a confirmé l’équipe éditoriale dans son choix de conserver à ce personnage toute son… ambigüité, quitte à ce que certains aspects ne soient perçus/compris que par les lecteurs adultes.
« Une
phrase doit être bien balancée, il faut qu’il y ait du rythme, et
quelque chose de mélodieux, aussi. Une sorte de flux qui emporte le
lecteur. »
En
tant que musicienne de profession, est-ce que la musique t’influence
dans ta manière d’écrire, de travailler tes romans, de penser ton texte ?
Je parle beaucoup de musique dans mes romans, parce que c’est ma vie, ma passion, et que je préfère décrire ce qui m’est familier. Tant qu’à faire, je risque moins de raconter des bêtises et je me sens plus en empathie avec mes personnages. En ce qui concerne l’écriture à proprement parler, il est vrai que je suis loin d’être une styliste, mais je recherche quand même une certaine musicalité dans le texte. En me relisant, je traque les « fausses notes »… Une phrase doit être bien balancée, il faut qu’il y ait du rythme, et quelque chose de mélodieux, aussi. Une sorte de flux qui emporte le lecteur. Mais c’est complètement instinctif, ne me demande pas comment je m’y prends !
Je parle beaucoup de musique dans mes romans, parce que c’est ma vie, ma passion, et que je préfère décrire ce qui m’est familier. Tant qu’à faire, je risque moins de raconter des bêtises et je me sens plus en empathie avec mes personnages. En ce qui concerne l’écriture à proprement parler, il est vrai que je suis loin d’être une styliste, mais je recherche quand même une certaine musicalité dans le texte. En me relisant, je traque les « fausses notes »… Une phrase doit être bien balancée, il faut qu’il y ait du rythme, et quelque chose de mélodieux, aussi. Une sorte de flux qui emporte le lecteur. Mais c’est complètement instinctif, ne me demande pas comment je m’y prends !
Y
a-t-il des auteurs/autrices qui t’ont marquée, qui t’ont donné l’envie
d’écrire, voire même que tu retrouves dans ta propre écriture ?
Oh la la, il y a énormément d’auteurs qui m’ont marquée. J’adore tout particulièrement les classiques russes (Tolstoï, Dostoïevski, etc.), mais je ne peux faire une liste, il y en a trop (et à mon âge, on a forcément beaucoup lu). Comme j’écris pour les ados/jeunes adultes, mes références dans ce domaine sont Robin Hobb, Lian Hearn, J.K. Rowling, J.R.R. Tolkien, P. Pullman, Orson Scott Card, mais aussi Dickens ou Jane Austen (pourquoi uniquement des anglophones ?)… mais je ne sais pas du tout si on retrouve leur influence dans mon écriture. J’aimerais bien, mais j’en doute un peu…
Oh la la, il y a énormément d’auteurs qui m’ont marquée. J’adore tout particulièrement les classiques russes (Tolstoï, Dostoïevski, etc.), mais je ne peux faire une liste, il y en a trop (et à mon âge, on a forcément beaucoup lu). Comme j’écris pour les ados/jeunes adultes, mes références dans ce domaine sont Robin Hobb, Lian Hearn, J.K. Rowling, J.R.R. Tolkien, P. Pullman, Orson Scott Card, mais aussi Dickens ou Jane Austen (pourquoi uniquement des anglophones ?)… mais je ne sais pas du tout si on retrouve leur influence dans mon écriture. J’aimerais bien, mais j’en doute un peu…
« J’ai un autre manuscrit en recherche d’éditeur, une histoire qui associe musique et magie. »
Nalki
est sorti cet été aux éditions du Lamantin tandis que Piège dans les
ruines (précédemment publié en 2012 chez Kirographaires) ressortira
courant 2016 chez Rebelle Édition. À quoi pouvons-nous nous attendre
pour le futur ? Sur quoi es-tu actuellement en train de travailler ?
J’ai un autre manuscrit en recherche d’éditeur, une histoire qui associe musique et magie. Pour l’instant, je n’ai fait que des envois électroniques (moins coûteux !) mais il faudra peut-être me résoudre à envoyer des versions papier. Je tente les « gros » avant d’aller frapper aux portes des « petits ». Mais bon, je n’y crois pas trop. Et sinon, j’écris très peu en ce moment. Il me manque une idée forte qui m’aiguillonne, mais je suis patiente, je sais qu’elle va germer un de ces jours, et que l’inspiration reviendra (du moins je voudrais le croire)…
J’ai un autre manuscrit en recherche d’éditeur, une histoire qui associe musique et magie. Pour l’instant, je n’ai fait que des envois électroniques (moins coûteux !) mais il faudra peut-être me résoudre à envoyer des versions papier. Je tente les « gros » avant d’aller frapper aux portes des « petits ». Mais bon, je n’y crois pas trop. Et sinon, j’écris très peu en ce moment. Il me manque une idée forte qui m’aiguillonne, mais je suis patiente, je sais qu’elle va germer un de ces jours, et que l’inspiration reviendra (du moins je voudrais le croire)…
Musique
et magie ? Eh bien, nous ne pouvons que te souhaiter de trouver éditeur
à ton manuscrit ! Aussi, qu’est-ce qui t’a poussée à écrire de la
littérature jeunesse ? Penses-tu un jour te tourner vers une autre
catégorie ?
Je ne me sens pas encore mûre pour me lancer dans l’écriture pour adultes. La littérature jeunesse me semble plus accessible. J’ai moi-même été très marquée par certaines lectures de ma période « ado » (comme Le seigneur des anneaux) et l’idée de proposer aux jeunes une lecture qui les passionne me plaît tout autant que celle d’entrer dans le cercle (recherché) des auteurs pour adultes.
Je ne me sens pas encore mûre pour me lancer dans l’écriture pour adultes. La littérature jeunesse me semble plus accessible. J’ai moi-même été très marquée par certaines lectures de ma période « ado » (comme Le seigneur des anneaux) et l’idée de proposer aux jeunes une lecture qui les passionne me plaît tout autant que celle d’entrer dans le cercle (recherché) des auteurs pour adultes.
Dernière
question, qui est celle-là beaucoup moins sérieuse mais que j’ai très
envie de te poser en tant que lecteur (et revêt donc ma simple toque
d'Aaron McSley) : suis-je le premier à te dire que durant ma lecture, je
ne pouvais m’empêcher d’imaginer le colonel Vladàn sous les traits de
Mads Mikkelsen (Hannibal, Pusher, La Chasse, …) ?
Ah ha ha… oui, tu es le premier ! Du coup, j’ai « googuelisé » le nom de Mads Mikkelsen (je ne voyais pas trop de qui il s’agissait)… et je l’ai reconnu : je l’avais vu jouer dans Michael Kohlhaas. Un très bel homme ! En décrivant Vladàn, je ne pensais pas du tout à cet acteur, mais maintenant que tu le dis, son physique évoque tout à fait les traits « taillés au couteau » du colonel. La couleur des yeux n’est pas la même, par contre, mais globalement, c’est en effet ainsi qu’on peut l’imaginer !"
Ah ha ha… oui, tu es le premier ! Du coup, j’ai « googuelisé » le nom de Mads Mikkelsen (je ne voyais pas trop de qui il s’agissait)… et je l’ai reconnu : je l’avais vu jouer dans Michael Kohlhaas. Un très bel homme ! En décrivant Vladàn, je ne pensais pas du tout à cet acteur, mais maintenant que tu le dis, son physique évoque tout à fait les traits « taillés au couteau » du colonel. La couleur des yeux n’est pas la même, par contre, mais globalement, c’est en effet ainsi qu’on peut l’imaginer !"
mercredi 1 octobre 2014
Une chronique toute fraîche
J'ai eu le plaisir de découvrir une nouvelle chronique du Tome 1 fraîchement publiée sur ce blog très intéressant : Le monde de Paikanne
Merci à Paikanne pour ce très beau billet !
Je me permets de copier/coller l'article ici :
Merci à Paikanne pour ce très beau billet !
Je me permets de copier/coller l'article ici :
29/09/2014
Nalki, T. 1 : Matricule 307, Alice Adenot-Meyer
Présentation. Nous sommes en Serdane, pays écrasé sous le joug d'une dictature brutale et corrompue.
En rentrant de leur cours de musique, Nalki, quinze ans, et sa sœur Perle, treize ans, sont accueillis par des policiers venus les arrêter. Les deux adolescents sont séparés de leurs parents et déportés dans un camp de redressement.
Soumis au travail forcé, ils vivent des heures particulièrement difficiles et rêvent de trouver un moyen pour regagner leur liberté.
Mon avis. C'est le billet de Melisende (merci à toi, Meli !) qui m'a fait découvrir et acheter ce récit. En voici encore un qui rejoindra les propositions susceptibles d'intéresser mes élèves.Le récit commence à dérouler sa partition alors que Nalki s'en revient du Conservatoire, en compagnie de sa sœur, Perle. Tous deux portent la musique dans le cœur, jusqu'au bout des doigts : lui, le violon ; elle, le violoncelle.Arrivés chez eux, ils entrouvrent la porte de l'enfer : la police a investi leur domicile, leurs parents ont disparu et ils sont aussitôt emmenés à Blache, un camp de redressement destiné à (re)mettre "sur le droit chemin" ceux qui auraient dévié de la route uniforme tracée par le dictateur serdan Sorbier Pamor.L'horrible lieu fait inévitablement penser aux camps de concentration nazis : séparation des filles et garçons, appel interminable dans le froid, brimades, coups, humiliations, faim, travaux forcés. Le seul "tort" pour bon nombre d'entre eux : avoir de la famille forsenne. Les citoyens de nationalité forsenne sont devenus, depuis quelque temps, des parias."Les détenus marchaient dans un silence presque total. Le chemin s'ouvrait devant eux, taillé comme une blessure dans les profondeurs sauvages de la forêt. [p. 47]"Face à la violence et l'agressivité qui sévissaient dans le camp, il se sentait démuni. Tous ses repères s'effondraient. [p. 54]"Nalki et Saule avaient cessé de compter les jours. Ils évaluaient la durée de leur détention à trois semaines environ.Un enfer, du lever au coucher.Le pire était sans conteste la faim. Elle torturait Nalki en permanence, tournait à l'obsession.Abruti, les membres douloureux, tremblant de froid et affamé tout au long de la journée, il tombait la nuit dans un sommeil trop agité pour être reposant.Perle, il ne l'apercevait qu'à l'appel, tôt le matin. Au fil des jours, le visage de la jeune fille se tendait, se creusait. Le frère et la sœur échangeaient de loin des regards sinistres." [p. 55]Nalki est intelligent : il comprend vite qu'il a intérêt à faire profil bas s'il veut survivre dans cet enfer ; pourtant, il a parfois bien du mal à se contrôler car la révolte face à l'injustice gronde au plus profond de lui.C'est alors qu'une infime lumière vient éclairer le gouffre noir dans lequel il est plongé : la musique n'a pas joué sa dernière note. Mais se retrouver aux prises avec le colonel Vladàn n'est pas une sinécure. Vraiment pas....J'ai beaucoup aimé l'écriture d'Alice Adenot-Meyer : même si le récit s'adresse aux adolescents, la langue est très riche et ne tombe jamais dans la facilité.Les personnages sont nuancés, ce qui les rend particulièrement intéressants : je pense à Nalki, heureux de s'épargner les corvées imposées et manger à sa faim en intégrant l'orchestre du camp mais se sentant coupable par rapport à ses compagnons d'infortune ; je pense au colonel Vladàn, un être face auquel il est difficile de savoir sur quel pied danser. "Jouer" au funambule devient alors un art...Je lirai bien sûr le tome 2.
samedi 27 septembre 2014
Un accueil enthousiaste
Bon, je ne vais pas vous assommer en recopiant ici toutes les chroniques et réactions suscitées par Nalki. Il n'y en a pas eu tant que ça, du reste, mais peu importe, il suffit d'aller sur la page Nalki : avis pour se faire une idée de l'accueil que lui ont réservé les lecteurs (du moins, ceux qui ont eu la gentillesse de s'exprimer à ce sujet).
Pour le moment, j'ai eu peu de retours sur le Tome 2, Le temps du chaos. Melisende l'a chroniqué ici.
Elle a tourné deux vidéos dans lesquelles elle parle de Nalki. Vous les trouverez également sur la page consacrée.
La blogueuse Myriam a chroniqué Matricule 307 sur son blog Un Jour. Un livre. Une vision plus politique, très intéressante. Je vous mets les grandes lignes de son article :
Alice Adenot-Meyer, Matricule 307 (Nalki #1), éd. Le Lamantin, juin 2014
Dans un état totalitaire qui cultive la haine des étrangers issus du pays voisin, et opprime toute libre pensée, Nalki et sa famille se voient subitement plongés dans l'enfer des camps de concentration. Son talent exceptionnel pour le violon l'aidera-t-il à échapper à son funeste destin ?En bref : Nalki est une jeune garçon particulièrement doué lorsqu'il joue du violon. Un après-midi, alors qu'il quitte le Conservatoire avec sa sœur pour rentrer chez lui, les deux jeunes gens sont attendus dans leur maison par des représentants de l'autorité serdane. Ils sont embarqués de force, direction le camp de concentration de Blache. Aucune explication ne leur est donnée, mais Nalki arrive à la conclusion que leur emprisonnement dans cet endroit, aux côtés de voleurs et autres escrocs, n'est dû qu'à la simple raison que sa mère est d'origine forsenne, le pays frontalier et ô combien méprisé par la Serdane. Nalki et sa sœur ne sont pas les seuls prisonniers politiques dans le camp de Blache. Les appels matinaux dans la cour précèdent les chants de l'hymne national serdan. Tous les mois, la projection d'un film de propagande est organisée, suivie d'une représentation musicale organisée par une troupe composée de musiciens extérieurs mais également de prisonniers. Serait-ce l'échappatoire aux travaux forcés que Nalki attendait tant ? Le jeune homme n'est pas au bout de ses surprises, ni de ses peines. Le système est bien plus retord qu'il le croit, et l'implication de sa famille, et notamment de ses parents, dans un complot politique est plus importante qu'il ne l'imaginait.Mon avis : Avec Matricule 307, le premier tome de la duologie Nalki, Alice Adenot-Meyer retourne aux sources de la dystopie. Elle parvient à reconstituer tous les éléments d'une dictature contemporaine, basée sur la glorification de la Nation, et la haine de tout ce qui est étranger."- Tu dois comprendre que la société est constituée de plusieurs catégories de citoyens. Imagine une pyramide. Tout en haut, l'élite, dont le rôle est de mener la Nation à la réussite. Plus bas, les classes intermédiaires, qui travaillent sous les ordres de la première. Et enfin, la classe inférieure... que j'appellerai "le rebut". Formée de ceux qui n'ont pas intégré les règles, qui les ignorent, les refusent, ou sont tellement incompétents qu'ils constituent une charge pour les autres. [...]- Ces parasites sont en grande partie des étrangers, ou des métis. Il faut les soumettre, ou alors, les éliminer. Ils ne méritent pas d'être des citoyens à part entière." [p. 137]Tout y est : La peur au quotidien, la paranoïa, la crainte de la délation, la suppression des cultes, les rafles inopinées, mais également les camps de concentration où la "rééducation" est le mot d'ordre, qui ne sont pas sans rappeler les tristement célèbres goulags russes de l'ère communiste (thème également abordé avec force par Ruta Sepetys dans son roman young adult : Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre). De même, la propagande est utilisée à tout va. Tout est bon pour faire passer le message officiel, glorifier la nation. Et pour cela, on a besoin d'icônes vivantes, qui incarnent les valeurs que l'on prône."Le sportif incarne le courage, l'énergie, la force. Il est en général beau, bien bâti, et toujours de bonne race. Il va au-delà de ses capacités, il se surpasse pour battre les records de ses prédécesseurs... Quel meilleur exemple à donner au peuple ?" [p. 118]"- J'avoue être assez satisfait de la manière dont fonctionne ce camp, et je tiens à ce que les dirigeants mesurent la qualité de notre engagement en faveur de la Cause. Y a-t-il manière plus efficace de remettre les jeunes gens sur le droit chemin ? L'orchestre est une école de l'excellence, qui nécessite une discipline de fer. Et la musique, un des meilleurs moyens d'illustrer de manière plaisante le message de notre Guide. Vous savez comme moi combien elle a la capacité de déchaîner l'enthousiasme et de galvaniser les foules !" [p. 120]Pour avoir personnellement vécu dans un système totalitaire pendant une douzaine d'années, je me prenais à revivre des situations oppressantes et l'impression trop fréquente de se sentir surveillé, quoi que l'on dise ou fasse. Chapeau bas à l'auteure pour avoir réussi le pari de reconstituer cet environnement particulièrement oppressant, sans se perdre dans les traditionnels clichés du genre. L'écriture est fluide, légère et étonnamment musicale. On est emporté par les aventures du jeune Nalki et les épreuves toujours plus tortueuses auxquelles il fait face tout au long de ce roman de 300 pages. Je ne saurais que vous le conseiller, d'autant qu'il est écrit pas une auteure française et que la saga Nalki inaugure la collection young adult des éditions Le Lamantin ! Je trouve pour ma part que cela constitue un excellent choix, ce roman frisant pour moi le coup de cœur. Nalki est donc incontestablement une série littéraire jeunesse/jeunes adultes qui mériterait d'être plus médiatisée.Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :* * * * *Je remercie les éditions Le Lamantin pour m'avoir permis de découvrir cette saga.
vendredi 26 septembre 2014
Sur un petit nuage...
Puis est arrivée la chronique du Tome 1 écrite par Melisende sur son blog Bazar de la littérature... et là... wow ! Nalki était pour elle un "coup de cœur" ! J'en ai été si émue, si enchantée que je suis restée plusieurs jours sur un petit nuage. Plus rien ne m'atteignait, le monde pouvait tomber en miettes autour de moi, j'étais heureuse, euphorique (pas bien, ça). J'ai fini par redescendre sur terre, mais je ne regrette pas ces moments de pur bonheur. Merci à elle !
Nalki, Tome 1 : Matricule 307 de Alice ADENOT-MEYER
Nalki, Tome 1 :
Matricule 307
de Alice ADENOT-MEYER
Editions Le Lamantin,
2014, p. 304
Matricule 307
de Alice ADENOT-MEYER
Editions Le Lamantin,
2014, p. 304
Première Publication : 2014
Pour l’acheter : Sur le site de la maison !
Alice Adenot-Meyer
est musicienne de profession. Si la musique est sa principale source
d’inspiration, la forêt et la montagne tiennent également une place
importante dans son imaginaire. Construits autour d’intrigues tendues,
pleines de suspense, ses romans se déroulent dans un monde fictif et
pourtant proche du nôtre.
♣ ♣ ♣
Nous sommes en Serdane, pays écrasé sous le joug d’une dictature brutale et corrompue.
En rentrant de leur cours de musique, Nalki, quinze ans, et sa soeur Perle, treize ans, sont accueillis par des policiers venus les arrêter. Les deux adolescents sont séparés de leurs parents et déportés dans un camp de redressement.
Soumis au travail forcé, ils vivent des heures particulièrement difficiles et rêvent de trouver un moyen pour regagner leur liberté.
En rentrant de leur cours de musique, Nalki, quinze ans, et sa soeur Perle, treize ans, sont accueillis par des policiers venus les arrêter. Les deux adolescents sont séparés de leurs parents et déportés dans un camp de redressement.
Soumis au travail forcé, ils vivent des heures particulièrement difficiles et rêvent de trouver un moyen pour regagner leur liberté.
C’est
avec énormément de plaisir mais aussi une petite appréhension que je
souhaite aujourd’hui vous parler du premier tome d’une série peu connue
(pour le moment !). Plaisir parce que j’ai vraiment adoré ce premier
tome mais appréhension parce que j’ai peur de ne pas savoir rendre
correctement mes impressions et vous donner envie de vous lancer à votre
tour dans l’aventure.
Derrière une illustration de couverture assez différente de ce que l’on peut voir ces dernières années, les éditions du Lamantin nous offrent un texte original et en plus, particulièrement bien écrit.
Je sais pourtant que de petites perles peuvent se cacher chez les petits éditeurs (j’en ai découvert plus d’une ces dernières années !) mais lorsque je tombe sur l’une d’elle, c’est toujours la surprise. Et je n’ai qu’une envie ensuite : le crier sur tous les toits !
Derrière une illustration de couverture assez différente de ce que l’on peut voir ces dernières années, les éditions du Lamantin nous offrent un texte original et en plus, particulièrement bien écrit.
Je sais pourtant que de petites perles peuvent se cacher chez les petits éditeurs (j’en ai découvert plus d’une ces dernières années !) mais lorsque je tombe sur l’une d’elle, c’est toujours la surprise. Et je n’ai qu’une envie ensuite : le crier sur tous les toits !
Le résumé de quatrième de couverture le laisse présager et c’est rapidement confirmé ensuite, difficile de ne pas faire de parallèle avec la Seconde Guerre Mondiale et les camps de concentration… et on n’est pas très loin de notre actualité (par certains aspects).
Dans un monde imaginaire, un pays sous le régime d’une dictature rejette tout ce qui lui est étranger. Les habitants venus d’ailleurs ou descendants de nomades sont pourchassés et arrêtés. Séparés de leur famille pervertie et envoyés dans des camps de redressement afin d’être remis dans le droit chemin, les plus jeunes (des adolescents) vivent dans des conditions terribles. Travaux forcés, repas limités, hygiène laissant à désirer et entente loin d’être cordiale entre les « détenus », le lecteur est très vite plongé dans l’horreur et la dureté du nouveau quotidien de Nalki et Perle.
Dans un monde imaginaire, un pays sous le régime d’une dictature rejette tout ce qui lui est étranger. Les habitants venus d’ailleurs ou descendants de nomades sont pourchassés et arrêtés. Séparés de leur famille pervertie et envoyés dans des camps de redressement afin d’être remis dans le droit chemin, les plus jeunes (des adolescents) vivent dans des conditions terribles. Travaux forcés, repas limités, hygiène laissant à désirer et entente loin d’être cordiale entre les « détenus », le lecteur est très vite plongé dans l’horreur et la dureté du nouveau quotidien de Nalki et Perle.
La littérature pour adolescents a bien trop tendance à enjoliver et faciliter les choses pour ses héros. Ici, l’auteure n’épargne rien à ses personnages
et je l’en remercie. Pas que j’apprécie particulièrement que les
figures que je suis souffrent mais un peu de difficulté, c’est quand
même plus crédible.
Face à des scènes de séparation ou de privation, le lecteur ne peut qu’être touché et ému par le devenir de Nalki et de sa petite sœur. J’ai très vite été immergée dans cette histoire et son décor et certains passages m’ont vraiment beaucoup marquée. Je suis rarement émue par un livre (par contre je suis une fontaine dans la vie et au cinéma) mais là, j’ai eu plus d’une fois la gorge serrée et je revois encore le moment intense où Nalki retrouve pour la première fois un violon. L’instrument est de piètre qualité et l’adolescent a les mains en mauvais état mais les retrouvailles avec l’objet sont un tel moment de bonheur inimaginable quelques pages plus tôt que le lecteur ne peut qu’avoir la gorge nouée. C’est très fort.
Face à des scènes de séparation ou de privation, le lecteur ne peut qu’être touché et ému par le devenir de Nalki et de sa petite sœur. J’ai très vite été immergée dans cette histoire et son décor et certains passages m’ont vraiment beaucoup marquée. Je suis rarement émue par un livre (par contre je suis une fontaine dans la vie et au cinéma) mais là, j’ai eu plus d’une fois la gorge serrée et je revois encore le moment intense où Nalki retrouve pour la première fois un violon. L’instrument est de piètre qualité et l’adolescent a les mains en mauvais état mais les retrouvailles avec l’objet sont un tel moment de bonheur inimaginable quelques pages plus tôt que le lecteur ne peut qu’avoir la gorge nouée. C’est très fort.
Outre l’émotion, Alice Adenot-Meyer nous offre également une réflexion intéressante : peut-on accepter de renier ses convictions profondes pour vivre dans de meilleures conditions ?
Parce que dans ce camp de redressement, un orchestre a été mis en place
et les musiciens retenus pour en faire partie ont des privilèges non
négligeables. A force de persévérance et de travail, Nalki obtient la
place convoitée de soliste et devient par la même occasion, le
« chouchou » du colonel. Presque choyé comparé à ses voisins qui lui
mènent la vie dure, l’adolescent culpabilise et ne sait plus que choisir
entre le confort de sa place (ajouté au plaisir de jouer chaque jour du
violon) et ne pas trahir ses parents (et toutes les autres personnes)
arrêtés du fait de leurs origines… Mais s’il se rebelle, que deviendra
sa petite sœur Perle, elle aussi acceptée dans l’orchestre et donc pour
le moment éloignée des difficiles conditions offertes par le reste du
camp ? Et vous à sa place, qu’auriez-vous fait ?
Nalki a à
peine 16 ans mais il (oui, c’est un garçon !) est très mature et
responsable sans non plus en faire trop (il reste un adolescent un peu
perdu). C’est lui que l’on suit principalement et c’est un plaisir. C’est un héros comme je les aime
: très humain, plein de doutes mais aussi très posé, réfléchi et
finalement très fort (il ne baisse pas les bras). C’est agréable de
suivre un adolescent (et pas une adolescente) pour une fois ; on évite
ainsi un peu les romances inutiles et les apitoiements insupportables…
c’est appréciable ! Par contre, on ne croise qu’assez peu Perle, en tout
cas dans la première partie de l’intrigue et c’est presque dommage
parce que cette petite fille semble pleine de ressources et aussi
intéressante que son grand-frère ! J’espère avoir l’occasion de passer
un peu plus de temps avec elle par la suite… même si j’en doute un peu !
Je vous dis ça bientôt !
Le personnage que j’ai trouvé particulièrement intéressant ici, car plutôt complexe et ambigu, c’est le colonel du camp, passionné par la musique et qui se met légèrement à dos ses supérieurs à cause de sa lubie d’avoir un orchestre. Soyons clairs, c’est un ennemi, un vrai. Et derrière sa jeunesse et sa belle gueule, à mon avis, vaut mieux faire profil bas et ne pas trop le chercher parce qu’il pourrait très vite effacer son sourire et sortir les objets de torture. Vous voyez le genre. Malgré tout, malgré ce côté « méchant » assumé, il n’est pas juste un sale type (même si c’en est un)… son discours sur les étrangers et sa façon de les traiter sont juste abominables mais, si on ne peut pas accepter ses convictions, on peut comprendre le comportement qui en résulte. Il n’est pas tout noir, il y a plus que ça derrière les dents blanches de façade, l’amour de la musique et la haine du pays voisin. Il me tarde d’en apprendre plus sur lui, même si les passages le concernant commençaient sérieusement à fiche la trouille dans les dernières pages (parce qu’il n’est pas content et qu’il ne va pas en rester là !).
Le personnage que j’ai trouvé particulièrement intéressant ici, car plutôt complexe et ambigu, c’est le colonel du camp, passionné par la musique et qui se met légèrement à dos ses supérieurs à cause de sa lubie d’avoir un orchestre. Soyons clairs, c’est un ennemi, un vrai. Et derrière sa jeunesse et sa belle gueule, à mon avis, vaut mieux faire profil bas et ne pas trop le chercher parce qu’il pourrait très vite effacer son sourire et sortir les objets de torture. Vous voyez le genre. Malgré tout, malgré ce côté « méchant » assumé, il n’est pas juste un sale type (même si c’en est un)… son discours sur les étrangers et sa façon de les traiter sont juste abominables mais, si on ne peut pas accepter ses convictions, on peut comprendre le comportement qui en résulte. Il n’est pas tout noir, il y a plus que ça derrière les dents blanches de façade, l’amour de la musique et la haine du pays voisin. Il me tarde d’en apprendre plus sur lui, même si les passages le concernant commençaient sérieusement à fiche la trouille dans les dernières pages (parce qu’il n’est pas content et qu’il ne va pas en rester là !).
La majeure partie du texte prend place en huis clos, à l’intérieur du camp. Le décor réduit ajoute à la tension et la peur ambiantes.
Ce n’est que dans le dernier quart, à partir d’un évènement spécial
pour l’orchestre, que le paysage est modifié… et que le lecteur, malgré
le changement, continue de ressentir l’angoisse des adolescents.
Toute la partie située dans le camp a su me convaincre par son émotion et la suite, plus rythmée m’a également plu par la tension décuplée et l’urgence qu’elle dégage. Moments plus posés ou dynamiques, j’ai aimé chaque instant de cette lecture et aucun ne m’a semblé maladroit ou inutile. Bien au contraire !
Toute la partie située dans le camp a su me convaincre par son émotion et la suite, plus rythmée m’a également plu par la tension décuplée et l’urgence qu’elle dégage. Moments plus posés ou dynamiques, j’ai aimé chaque instant de cette lecture et aucun ne m’a semblé maladroit ou inutile. Bien au contraire !
Enfin,
l’histoire ne serait pas ce qu’elle est sans la plume qui la raconte… et
là encore, c’est du tout bon ! Je vous disais que l’immersion était
totale, que l’émotion était au rendez-vous… oui, tout à fait ! Parce qu’Alice Adenot-Meyer manie intelligemment les mots.
C’est avant tout un diptyque pour adolescents donc le texte reste abordable et est particulièrement fluide. Malgré tout, à l’image du fond (l’auteure n’épargne pas son lecteur en proposant des passages durs), la plume n’est pas simpliste, le lecteur n’est pas pris pour un imbécile sans vocabulaire et ayant besoin de quinze lignes de dialogues par page pour ne pas trouver le temps long. Non, pas du tout ! C’est soigné juste comme il faut.
Et pour insister sur la qualité du texte, j’ajouterai que je n’ai relevé aucune faute ou coquille pendant ma lecture (j’en ai peut-être loupées mais en tout cas, aucune ne m’a sauté aux yeux) et c’est assez rare dans l’édition de ces dernières années (et oui ! Petites et grandes maisons ne sont que rarement irréprochables de ce côté-là !) pour le souligner. Il y a juste une petite erreur amusante dans les premières pages (de garde), par deux fois, le sous-titre apparaît ainsi « Marticule 307 », au lieu de « Matricule ». Une petite faute de frappe de dernière minute, j’imagine. :)
C’est avant tout un diptyque pour adolescents donc le texte reste abordable et est particulièrement fluide. Malgré tout, à l’image du fond (l’auteure n’épargne pas son lecteur en proposant des passages durs), la plume n’est pas simpliste, le lecteur n’est pas pris pour un imbécile sans vocabulaire et ayant besoin de quinze lignes de dialogues par page pour ne pas trouver le temps long. Non, pas du tout ! C’est soigné juste comme il faut.
Et pour insister sur la qualité du texte, j’ajouterai que je n’ai relevé aucune faute ou coquille pendant ma lecture (j’en ai peut-être loupées mais en tout cas, aucune ne m’a sauté aux yeux) et c’est assez rare dans l’édition de ces dernières années (et oui ! Petites et grandes maisons ne sont que rarement irréprochables de ce côté-là !) pour le souligner. Il y a juste une petite erreur amusante dans les premières pages (de garde), par deux fois, le sous-titre apparaît ainsi « Marticule 307 », au lieu de « Matricule ». Une petite faute de frappe de dernière minute, j’imagine. :)
Je
peux maintenant l’avouer, je redoutais un peu cette lecture (comme je
redoute régulièrement la lecture des titres proposés par de « petits »
auteurs ou « petites » maisons). Quelle bêtise ! Les Editions du
Lamantin me prouvent une nouvelle fois que de petites perles se cachent
du côté des titres et auteurs moins connus du grand public et je ne peux
que vous inviter à vous pencher sur ce premier tome. Original, bien
mené et bien écrit, Nalki vaut définitivement le coup d’œil !
Merci infiniment au Lamantin pour cette excellente découverte !
jeudi 25 septembre 2014
Le temps du chaos
Marinette a lu également le tome 2, l'a aimé et l'a chroniqué. (Si vous n'avez pas lu le premier peut-être vaut-il mieux ne pas parcourir cette chronique...)
Conclusion
Nalki, tome 2 : Le temps du chaos
![]() |
Auteure : Alice Adenot-Meyer
Éditeur : Le Lamantin
Année d'édition : 2014
Nombre de pages : 292
Prix du livre : 14€
ISBN : 979-10-92271-07-2
|
4ème de couverture :
Après son évasion du camp de Blache, Nalki décide de passer
la frontière pour transmettre des documents susceptibles
de renverser le pouvoir en place.
Il devra avant tout se défaire du colonel Vladàn, qui ne renonce
pas à le poursuivre. Les événements ne seront pas du
tout ceux que le garçon avait prévus...
Mes premières impressions...
Très contente de retrouver ces personnages car
j'étais impatiente de connaître la suite de l'histoire.
Finalement...
Une histoire passionnante où on a peur en même temps que les
personnages, ou on sourit en même temps qu'eux, où on espère en même
temps qu'eux,... Bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cette
saga.
______________________________________________________________________________________
Mon avis :
Pourquoi ce livre ?
Merci beaucoup à l'auteure pour cet envoi.
Le style de l'auteure
Registre littéraire : Dramatique
Registre de langue : Courant
Genre littéraire : Jeunesse
L'histoire et les personnages
(risque de spoiler)
Nalki et Shen sont en chemin pour passer la frontière en laissant Perle et Lilas chez les parents de Shen.
Nalki et Shen sont en chemin pour passer la frontière en laissant Perle et Lilas chez les parents de Shen.
Mais, Vladàn, qui s'est attaché à Nalki, n'est pas prêt à le laisser s'enfuir aussi facilement.
Les moins : La seule petite chose que j'aurai à "reprocher" à ce livre, c'est que je m'attendais
à ce que les parents de Nalki et Perle deviennent des personnages actifs et ça n'a pas été la cas.
à ce que les parents de Nalki et Perle deviennent des personnages actifs et ça n'a pas été la cas.
Les plus : Encore une fois, la couverture me plaît bien. Elle est légèrement différente de celle du premier tome tout en gardant le même esprit et la plupart des éléments. Le récit s'ouvre et s'étend à plusieurs personnages. Alors
que dans le premier tome, nous suivions principalement Nalki, (puis,
vers la fin, Lilas et Perle également) ; ici, nous suivons simultanément Nalki, Shen, Vladàn et les deux filles. Ça parait beaucoup, je vous l'accorde, mais je vous rassure, tout ça fonctionne très bien et on ne s'embrouille pas. En plus, ça nous permet d'avoir une vue d'ensemble de toute l'histoire, de savoir ce qui se passe pour tous les personnages. Curieuse comme je suis, j'adore cet aspect. L'histoire est très prenante et, le danger et le suspense sont plus que jamais au rendez-vous.
Jusqu'à la fin, je me suis demandée comment l'auteure allait conclure
ce tome, ce qu'elle réservait aux personnages. En parlant des
personnages, la présence de Shen m'a beaucoup plu. Il a un caractère proche de celui de Nalki, courageux et fort tout en se préoccupant beaucoup de sa famille. Les deux garçons vont d'ailleurs douter de leur capacité plus d'une fois avec tout ce qui leur tombe dessus mais ne baisseront jamais les bras. Encore
une chose que j'aime dans cette saga ; les personnalités des
personnages. Ils ne sont pas parfaits et forcément, ça les rend bien
plus sympathiques. Lilas et Perle sont un peu plus passives que les garçons mais restent tout de même au cœur de l'histoire et du danger. Elles vont apprendre à leur dépend qu'on ne peut pas faire confiance à tout le monde. Quant à Vladàn, c'est un personnage très difficile à cerner et, bien que je ne le porte pas dans mon cœur, j'ai été contente d'en apprendre plus sur lui. L'auteure
profite du penchant qu'a le personnage pour l'alcool - et pour Nalki -
pour le faire parler un peu plus. En ce qui concerne la plume de l'auteure, elle m'enchante toujours autant. Surtout sa façon de décrire l’environnement des personnages. Ainsi, il n'est pas difficile de s'imaginer dans les montagnes avec toute la neige ou dans la forêt en train de fuir. La musique a une place un peu moins importante que dans le premier tome mais reste tout de même présente dans l'histoire. En fait, elle laisse la place au côté politique et guerrier qui prend le dessus. Pour conclure, la fin n'est pas un happy-end et c'est tant mieux. Vu les événements évoqués,
ça n'aurait pas pu se finir tout beau tout rose, ça n'aurait pas été
réaliste. Et, j'ai aimé que Nalki se pose des questions, que ce qui ce
passe ne soit pas si simple, ou tout blanc ou tout noir. La nature
humaine est complexe et l'auteure a su l'intégrer à l'histoire. En plus,
nous avons droit à un épilogue de quelques pages qui m'a bien fait plaisir. Une façon de quitter les personnages sans brusquerie.
Conclusion
Une duologie que je ne
peux que vous conseiller. L'histoire est très prenante et les
personnages sont travaillés et variés. Je ne sais pas quoi vous dire
d'autre que de découvrir la plume de l'auteure qui est vraiment agréable
et magique quand il s'agit de parler de musique et décrire les
paysages.
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